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dimanche 8 juin 2008

J'AI RETROUVE LE DOMICILE PARISIEN DU COMTE DE SAINT-GERMAIN


OU HABITAIT LE COMTE DE SAINT-GERMAIN A PARIS ?

Ce dimanche 8 juin 2008 restera pour moi un jour spécial : j'ai retrouvé le domicile du comte de Saint-Germain à Paris ! J'en suis fier et surtout ému... Il habitait en 1759 dans l'hôtel de la veuve du chevalier Lambert qui était son banquier. Ce bâtiment est situé 101 rue de Richelieu, dans l'actuel IIe arrondissement. Le "Guide Bleu" indique pour cet emplacement : "101, hôtel de l'abbé Barthélémy (1716-1795), avec balcon à mascaron et colonnes sculptées". Je n'ai pas d'indication sur la date de son emménagement dans cet hôtel (il arrive en France en février 1758) mais on peut penser qu'il y a résidé jusqu'en février 1760, date à laquelle il est parti pour les Pays-Bas. Il était à quelques pas de la Bibliothèque Royale et à l'autre extrémité de cette rue se trouvait le Palais-Royal. Il faut noter que la mère de la marquise de Pompadour et du marquis de Marigny habitait au n°50 de la même rue. Cette proximité a-t-elle favorisé la prise de contact du comte avec ces deux personnages importants ? Le marquis dirigeait les bâtiments et manufactures du roi : c'est lui qui accorda, au printemps 1758, une partie du château de Chambord au comte de Saint-Germain pour ses travaux de teinture ; il présenta ensuite le comte à sa soeur qui était la favorite de Louis XV...

LE BÂTIMENT

Quant au bâtiment, il est classique et aujourd'hui presque banal. Il a deux étages avec un entresol. Il y a un beau balcon sculpté avec une grille en ferronnerie qui semble de style Louis XV, comme les petites grilles de chaque fenêtre : on peut donc penser que l'ensemble existait déjà quand Saint-Germain y séjournait. Au rez-de-chaussée se trouve une grande porte avec deux battants peints en bleu. Cet immeuble semble donc donc avoir été préservé et être resté dans l'état où le comte de Saint-Germain l'a connu. C'était émouvant pour moi : je pouvais facilement l'imaginer sortir par la porte ou le deviner derrière les fenêtres : je m'attendais presque à le voir prendre le frais au balcon. J'ai touché la pierre près de l'entrée en me disant qu'il avait certainement fait de même au même endroit...
On ne voit aucune mention du séjour du comte de Saint-Germain sur la façade du bâtiment mais, ultime clin d'oeil de l'Histoire, au rez-de-chaussée, la vitrine d'un magasin présente des costumes de Superman : Saint-Germain n'était-il pas lui aussi un "super-héros" ?

VERIFICATION HISTORIQUE

Après vérification, la localisation du logement du comte de saint-Germain s'avère être un peu plus complexe. C'est Gleichen qui, dans ses "Souvenirs", indique que notre comte "logeait dans la maison" de "la veuve du chevalier Lambert". Chacornac, son seul vrai biographe, donne l'adresse précise : "101 de la rue de Richelieu" et précise que la veuve du chevalier Lambert était "son banquier". Il cite, en référence, l'ouvrage de Lefeuve, "Les anciennes maisons de Paris", paru en 1875.
En fait, Lefeuve ne cite pas le comte de saint-Germain. Il écrit seulement, dans sa notice sur le boulevard des Italiens : "Rue Richelieu et sur le boulevard, a demeuré le chevalier Lambert ; nous retrouvons la maison d'encoignure où ce banquier forma une galerie de tableaux. Lambert eut pour voisin un autre financier plus célèbre, l'abbé Terray (...)". La notice des Monuments historiques indique pour l'adresse du n°101 : "Ancien hôtel. Construit en 1725 pour François Terray de Rozières, premier médecin de la duchesse d'Orléans. Il y mourut en 1753." Cette notice ajoute qu'il y eut ensuite "de nombreux locataires". L'abbé Terray, qui fut contrôleur général des finances sous Louis XV (de 1769 à 1774), a également vécu ici. Il était le neveu et héritier du constructeur de l'hôtel.
Puisque Lefeuve parle de "maison d'encoignure" pour la maison du chevalier Lambert, on peut penser qu'il s'agit plus précisément de l'angle entre la rue Richelieu et le boulevard des italiens, là où se trouve maintenant l'immeuble qui abrite le restaurant "Le Cardinal". D'une façon plus générale, on peut admettre que le comte de Saint-Germain a résidé dans le triangle actuel délimité par le boulevard es italiens, la rue Richelieu et le passage des Princes (qui a été créé en 1860).

DANS L'INTIMITE DU COMTE DE SAINT-GERMAIN A SON DOMICILE

Voici comment Gleichen décrit sa rencontre avec Saint-Germain" a son domicile de la rue Richelieu.
" Revenant à Paris en 1759, je fis une visite à la veuve du chevalier Lambert, que j'avais connue précédemment , et j'y vis entrer après moi un homme de taille moyenne, très robuste, vêtu avec une simplicité magnifique et recherchée. Il jeta son chapeau et son épée sur le lit de la maîtresse du logis et interrompit la conversation en disant à l'homme qui parlait : "Vous ne savez ce que vous dites, il n'y a que moi qui puisse parler sur cette matière, que j'ai épuisée tout comme la musique que j'ai abandonnée, ne pouvant plus aller au delà."
Je demandai avec étonnement à mon voisin, qui était cet homme-là, et il m'apprit que c'était le fameux M. de Saint-Germain, qui possédait les plus rares secrets, à qui le roi avait donné un appartement à Chambord, qui passait à Versailles des soirées entières avec Sa Majesté et madame de Pompadour, et après qui tout le monde courait quand il venait à Paris. Madame Lambert m'engagea à dîner pour le lendemain, ajoutant avec une mine glorieuse, que je dînerais avec M. de Saint-Germain, lequel, par parenthèse, faisait la cour à une de ses filles et logeait dans la maison.
L'impertinence du personnage me retint longtemps dans un silence respectueux à ce dîner ; enfin, je hasardai quelques propos sur la peinture, et m'étendis sur différents objets que j'avais vus en Italie. J'eus le bonheur de trouver grâce aux yeux de M. de Saint-Germain ; il me dit : "Je suis content de vous, et vous méritez que je vous montre tantôt une douzaine de tableaux, dont vous n'aurez pas vu de pareils en Italie." Effectivement il me tint presque parole, car les tableaux qu'il me fit voir étaient tous marqués à un coin de singularité ou de perfection, qui les rendait plus intéressants que bien des morceaux de la première classe, surtout une sainte famille de Murillo, qui égalait en beauté celle de Raphaël à Versailles ; mais il me montra bien autre chose, c'était une quantité de pierreries et surtout des diamants de couleur, d'une grandeur et d'une perfection surprenantes.
Je crus voir les trésors de la lampe merveilleuse. Il y avait, entre autres, une opale d'une grosseur monstrueuse et un saphir blanc de la taille d'un oeuf, qui effaçait par son éclat celui de toutes les pierres de comparaison que je mettais à côté de lui. J'ose me vanter de me connaître en bijoux, et je puis assurer que l'oeil ne pouvait découvrir aucune raison pour douter de la finesse de ces pierres, d'autant plus qu'elles n'étaient point montées.
Je restai chez lui jusqu'à minuit et le quittai son très-fidèle sectateur."

(2e article du libellé COMTE DE SAINT-GERMAIN)

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